La Secte d’Abaddon, de Cécilia Correia

la secte dAbaddon

La Secte d’Abaddon, de Cecilia Correia (tome 1 de la série Aliette Renoir, éditions Rebelles)

Aliette Renoir est issue d’une famille de chasseurs de vampires. Les crocs, ils les traquent sans relâche pour les éliminer. Sauf que parfois le chasseur devient la proie, et c’est ce qui va arriver à Aliette bien malgré elle. Commence alors la plus grande aventure de sa vie… d’immortelle.

Alliette, ô Aliette…
Que n’avais-je pas fait de poser mes yeux sur ta couverture lors d’un salon ? Tu as su user de ton charme angélique pour m’attirer dans tes filets jusqu’à me pousser à l’achat.
Mais je m’en veux, Aliette. L’expérience ne m’a-t-elle donc rien appris ? Ne dit-on pas qu’il ne faut jamais se fier à une couverture, quand bien même le nom de son talentueux illustrateur ne figurerait nul part ?
Pourtant lorsque je t’ai tenu en main j’ai été submergée par un affreux doute : « La plus brillante des chasseuses de vampires de l’hexagone » annonce la couverture. Je reconnais que cette accroche m’a d’emblée mis la puce à l’oreille. Une syntaxe aussi lourde, et, tu seras d’accord avec moi, prétentieuse, ne pouvait que placer la barre trop haut pour satisfaire. Je m’en veux doublement parce que finalement cette déception était inscrite dès le début, et je l’avais sentie ! Ha, comme je regrette, Aliette. Comme je t’en veux. Ce roman qui m’a coûté la bagatelle de 18 euros me fait l’effet d’une contrefaçon, à la manière de ces parfums bon marché qui imitent plus ou moins bien les grandes marques et que l’on achète quand même avant de se rendre compte qu’ils ne sentent rien.
Oui, Aliette, tu m’as terriblement déçue. Et même offensée.
Vois-tu, Aliette, la seconde guerre mondiale est une période historique que j’aime beaucoup, et c’était certainement l’un des arguments qui m’ont fait dépenser de l’argent pour te lire. Pourtant, j’ai trouvé ton univers plat et insipide. Tu aurais pu vivre tes aventures dans les années 60 que cela aurait produit le même effet. A quoi bon être en guerre si ta famille et ta communauté disposent de tous les droits pour contourner les règlements en vigueur ? Faut-il seulement croiser quelques juifs pour frissonner de la guerre ? Faut-il mentionner quelquefois les « alboches » pour être au coeur de l’occupation ?
Je ne vais pas m’excuser, Aliette, mais je n’ai pas été transportée dans les années 40 une seconde.
Et quand bien même y serais-tu vraiment, crois-tu sincèrement qu’il faille user et abuser des mots d’argot pour passer pour une femme libre et moderne ?
Non, Aliette. Trois fois non. Cette débauche de mots et d’expressions, qui soit dit en passant ne fleurent pas les années 40 plus que les années 60, te rendent vulgaire, inélégante, et proprement insupportable. Je m’interroge sur l’affection que l’on peut porter à quelqu’un que l’on n’appelle jamais autrement que « andouille » ou « amerloque ». Cela me surprend même que Lauwrence ne s’offusque pas plus que ça. C’est une crème, tu devrais le garder.
A ce propos, je ne sais pas comment tu as vécu ta transformation. C’est vrai, c’est à se demander si tu n’as pas toujours été un vampire. Ta vie humaine n’est quasiment pas abordée et ta transformation semble aussi facile qu’enfiler un chemisier. As-tu seulement été perturbée par ce changement qui, tu en conviendras, doit normalement bouleverser une vie ?
Bref, je n’en sais rien. Est-ce que cela a été long ? Douloureux ? Agréable ? Les choses viennent-elles d’elles-mêmes où t’es-tu sentie complètement perdue ? Et puis tu as eu de la chance de tomber sur Lauwrence, un vampire riche (ça enlève encore une difficulté scénaristique) qui avait l’air prêt à s’encombrer d’une humaine froussarde et mauvaise enquêtrice, à dépenser sans compter pour elle et à lui faire passer tout un tas de cérémonies pompeuses juste… parce qu’il en avait envie. Franchement, sans vouloir copier ta gouaille, je dirais que tu as eu le cul bordé de nouilles, Aliette ! Les statistiques ne jouaient pas en ta faveur. Combien de chances avais-tu de tomber sur le prince charmant du premier coup ? Tu as tapé dans le mille et ce dès les premières pages du livre. Je te tire mon bibi bien bas.
La déception me donne encore moult choses à te dire, mais je ne vais pas tout écrire ici parce que tu pourrais penser que je m’acharne et ce n’est pas ce que je veux. Habituellement j’essaie de mettre en lumière les points qui m’ont semblé plus agréables dans une histoire, parce que je pars du principe que rien ne peut jamais être tout bon ou tout mauvais.
Je suis pourtant bien ennuyée avec toi car je ne trouve rien à dire pour ta défense. Ni la facilité aberrante que tu as de contourner tout ce qui pourrait être un temps soit peu contraignant dans ton scénario, ni la manière rapide et peu crédible que tu as eu d’éliminer le grand méchant, pas plus que cette fin absurde et comme tronquée (je me suis demandée s’il ne manquait pas des pages à la fin du roman), ou encore ton verbiage insupportable, les clichés qui jalonnent le texte, cette histoire de « secte » dans le titre qui n’a pas de sens… non vraiment, je ne trouve rien. Ta couverture, peut-être ?
Allons-y pour la couverture et la boucle est ainsi bouclée.
La seule chose sympathique dans ce texte est donc la couverture.
Je terminerai cette lettre par une recommandation aux potentiels lecteurs : n’allez pas plus loin au risque d’être diablement déçus.
Je ne te salue pas, Aliette.
Accepte sans rancune que nous en restions là.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires de vampires français et les histoires simples.

Les + : Une jolie couverture qui reflète bien les personnages et l’ambiance qu’à essayé de mettre en place l’auteur.

Les – : Beaucoup de choses ne vont pas dans ce roman qui aurait pu faire un bon premier jet mais ne peut pas satisfaire en qualité d’ouvrage édité. Relisez la chronique pour en avoir un aperçu non exhaustif.

Infos pratiques
Broché: 303 pages
Editeur : Rebelle Editions; Édition : 1ère (7 septembre 2012)
Collection : Lune de sang
Langue : Français
ISBN-10: 2365380190
ISBN-13: 978-2365380195

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