Archives mensuelles : décembre 2014

Une Nuit Éternelle, David Khara

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Une Nuit Éternelle, de David Khara (tome 2 de la trilogie Les Vestiges de l’AubeFleuve Editions)

Le Révérend Deshawn Willard, ex star de la boxe, et son fils, sont retrouvés un soir sauvagement assassiné à leur domicile. L’enquête est confiée à Barry Donovan, policier New-Yorkais fraîchement revenu de blessure, et accompagné dans l’ombre d’un ami pour le moins surnaturel. Ensemble, ils vont tenter de déjouer les pièges tendus par des ennemis séculaires, en essayant bien sûr de rester en vie. En vie, oui, pour celui d’entre eux qui l’est encore…

Comme indiqué en tête de cette chronique il s’agit pour ce titre du second volet d’une trilogie. Pourtant j’ai découvert cette trilogie par ce livre et je peux vous assurer qu’il se lit de manière totalement indépendante.
Ce premier livre a également été pour moi l’occasion de découvrir la plume de l’auteur français David Khara. Une plume agréable à lire et dont je retiendrai avant tout la foule de bonnes idées qui peuplent le livre.
Car en effet, c’est la première fois que je lis une histoire où se mêlent une trame policière classique et des éléments fantastiques tels que les vampires. Un cocktail intéressant et bien travaillé qui offre un roman d’une incroyable qualité. Ajoutez à cela une couche de fantasmes et légendes sur les templiers et vous obtiendrez Une Nuit Éternelle.
J’ai beaucoup aimé les personnages du roman, et surtout le duo Barry/Werner. Il fonctionne bien sans trop entrer dans les clichés des genres policiers et vampiriques. Ces deux personnages, que tout semble opposer, se retrouvent dans les épreuves qu’ils traversent et les sentiments qui les lient sont crédibles.
D’autres personnages hauts en couleurs, comme Raven, apportent du piment et évitent que l’histoire ne tombe dans un scénario lisse et plat. Leur apparition bienvenue apporte de la fraîcheur et relève et une intrigue qui pourrait parfois se reposer sur ses acquis.
La plume de l’auteur, quant à elle, possède un vrai style. Si j’ai dû attendre quelques pages pour pleinement y entrer, je me suis vite sentie à l’aise avec cette narration lente et fluide, ponctuée d’expressions désuètes et plus modernes (les personnages veulent cela).
On sent que l’auteur a travaillé son sujet, aussi bien dans les faits historiques qu’il raconte que sur les lieux qu’il dépeint. Sans aller jusqu’à dire que je me suis vue à New York (n’est pas Peter James qui veut), l’ambiance du roman est crédible, elle aussi, et plaisante.
L’histoire racontée est originale, je doute que beaucoup de lecteurs pourront sentir une impression de déjà lu, et le dosage des différents éléments plutôt bien maîtrisé.
Une vraie bonne découverte qui vaut bien au Fleuve que l’on salue cette prise de risque dans leur collection de romans policiers.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires à suspense. Inutile d’être un fan de vampire pour apprécier cette histoire, le traitement réservé à la créature n’est pas l’essentiel du roman.

Les + : Le titre se lit indépendamment du premier tome et les lecteurs qui n’ont pas lu Les Vestiges de l’Aube pourront très bien lire celui-ci, beaucoup de bonnes idées dans ce texte original et qui mêle plusieurs trames classiques pour en faire quelque chose de peu commun.

Les – : Quelques éléments un peu moins crédibles (par exemple reconnaître Le Confutatis Maledictis de Mozart fredonné), les révélations faites par tirades du méchant…

Infos pratiques
Broché :
 311 pages
Editeur : FLEUVE EDITIONS (13 novembre 2014)
Langue : Français
ISBN-10 : 2265097772
ISBN-13 : 978-2265097773

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J’irai brûler en enfer, de Julie C. Combe

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J’irai brûler en enfer, de Julie C. Combe (one shot, éditions Velours)

Londres, 1888. Nellie et Anton s’aiment au-delà des convenances et de la différence d’âge. Un amour scellé par le crime et le sang.
Mais quand un jour, Nellie est victime d’un retournement de situation, l’amour engendrera l’un des monstres les plus célèbres que Londres ait jamais connu.

Ce livre est le premier que je lis de la jeune Julie C. Combe. Dès le début je savais que je ne trouverais pas quelque chose d’original dans l’histoire d’un couple d’amoureux vivant en plein coeur du Londres victorien.
Cependant je ne m’attendais pas à trouver autant de clichés et d’écueils réunis au sein d’un même ouvrage.
Si le style de l’auteur n’est pas mauvais (il est assez classique, plutôt fluide, sans erreurs ni lourdeurs), là où le bât blesse, c’est vraiment dans le traitement du sujet et dans le travail éditorial opéré sur le texte.
L’histoire s’articule mal, nous avons deux parties distinctes qui n’ont pas de lien entre elles. Entre l’enfance douloureuse de Nellie et la transformation d’Anton en monstre sanguinaire, il n’y a rien. Chacune des deux parties pourrait très bien exister sans l’autre. On apprend qu’Anton a fait rapidement une école de médecine, ce qui lui permet de réparer les petits soucis de sa compagne lorsque les deux criminels jouent avec le feu. Or, entre recoudre une blessure et éventrer méthodiquement une personne, il y a un monde. Un monde qui n’est jamais expliqué ni très bien amené.
Ensuite, les personnages sont extrêmement clichés. On est dans le pathos du début à la fin à tel point qu’on n’y croit à aucun moment. C’est lourd, indigeste, et rend les protagonistes plus détestables qu’attachants, voir parfois grotesques. Le couple d’amoureux sublimes à qui rien ni personne ne résiste a déjà fait son temps et peine à convaincre. Je cherche encore la raison d’être de Davis. Je n’ai pas compris cette passion pour Nellie, ni pourquoi cette dernière s’entête à effleurer ses lèvres pour lui laisser la vie sauve, ce qui lui permet de revenir encore et encore afin de jouer les mêmes scènes théâtralement usées.
Je suis dure, je sais. Mais ces écueils narratifs m’ont fait m’interroger sur l’éditeur du roman. Tout n’est pas de la faute de l’auteure. Je pense qu’un éditeur aurait dû faire part à l’auteure du manque d’articulation entre les différents événements du récit ainsi que les traits grossiers de sa galerie de personnages. D’autant plus qu’elle s’attaque à revisiter un fait historique déjà maintes fois abordé où il n’est pas évident d’innover et tirer son épingle du jeu. Le travail à faire sur le livre était donc de la plus haute importance afin de ne pas se louper !
Mais comme je le présentais, les éditions Velours pratiquent du compte d’auteur et ne sont donc que peu regardant sur les textes qu’ils reçoivent. Je présume que le travail éditorial est inexistant chez eux, si bien qu’on en arrive à lire des ouvrages comme celui-ci qui ont un bon fond mais ne cassent pas des briques faute de travail professionnel.
Car oui il y a un bon fond dans ce titre. Il y a des qualités puisqu’il a réussi à m’intéresser suffisamment pour me donner envie de le lire. Mais la déception est grande d’y trouver autant d’écueils. La bonne nouvelle vient de la qualité grammaticale et orthographique dont on peut se demander si le plus gros du boulot ne vient pas de l’auteure elle-même et du soin qu’elle a pu personnellement apporter à l’ouvrage (encore que je me demande si elle veut vraiment parler du Titanic à la fin du texte car si c’est bien le cas la date ne correspond pas, ce qui serait dommage pour un livre basé avec autant de précision sur des faits historiques).
Pour le reste on sent que l’auteure a travaillé son sujet et que ce dernier lui tient à coeur. Malheureusement, le traitement réservé à ce fait divers était beaucoup plus intéressant dans un texte comme celui d’Ambre Dubois et son premier tome des Vampires de Londres. Un texte qui a bénéficié d’un réel travail éditorial.
Peut-on dire pour autant qu’il ne manquait pas grand chose à ce roman pour en faire un bon livre ? Ce n’est pas sûr. De l’ordre dans les idées, de l’articulation et un travail éditorial auraient été nécessaires. Sans tous ces manques, le texte ne se suffit pas à lui-même.
Espérons qu’il restera néanmoins pour Julie C. Combe un premier roman comme un point de départ duquel ne peut suivre que du meilleur, pour peu qu’elle fasse ensuite de meilleurs choix.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires de réinterprétation de faits historiques.

Les + : Un style fluide qui se lit plutôt bien.

Les – : Le roman est dans le pathos en permanence ce qui lasse et tourne parfois les situations au comique, voire au pathétique. Deux parties sans lien entre elles, des personnages dont on ne sait pas très bien à quoi ils servent.

Infos pratiques :
Broché:
 219 pages
Editeur : Editions Velours (6 juin 2013)
Langue : Français
ISBN-10: 2351674650
ISBN-13: 978-2351674659