Free Fall, de Leah Raeder

Free fall

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Free Fall, de Leah Raeder (one shot, éditions Prisma)

Maise a 18 ans et collectionne les aventures sans lendemain. Le beau Evan, rencontré à la fête foraine, ne fera pas exception.
C’est pourtant avec un goût amère qu’elle le quitte après une étreinte passionnée. Elle pensait ne plus jamais le revoir, et pourtant.
Lors de sa rentrée des classes, Maise apprend que le mystérieux Evan est en fait son nouveau professeur. Sa vie bascule, elle n’était pas préparée à ça.

Chronique avec spoilers.

Alors, Free Fall. Que dire, que dire ? De premier abord, je dirais « rien ». Un peu comme ce livre. En fait, le début pourrait être intéressant : la rencontre entre les deux protagonistes, leur relation d’une nuit, la petite vie de Maise qui s’apprête à prendre ces cours de cinéma et qui rencontre un bonhomme qui va très rapidement devenir son meilleur pote avant de tomber amoureux d’elle (vous avez dit « cliché » ? ) et enfin, la GRANDE révélation : son coup d’une nuit est son prof ! C’est peu orignal et très médiocre dans le déroulement de l’histoire mais c’est un début comme un autre et tu te dis qu’il peut y avoir encore des rebondissements dans la suite du bouquin.
Et non !! En fait, on assiste à une longue, très longue, trop longue succession de jours qui s’écoulent dans la petite vie de Maise et qui se ressemblent : dans un style très cinématographique, elle décrit en deux ou trois mots, la semaine qui s’écoule avant d’en revenir au fameux jeudi où elle doit revoir son prof. Et là, elle tartine des pages et des pages d’inutilité. On pense au début qu’ils vont mettre un terme à leur relation mais très vite, ils remettent le couvert et finissent par faire des choses pas très catholiques dans la salle de classe. Pendant ce temps, la vie continue… C’est seulement dans les trois derniers chapitres que l’intrigue s’emballe. Tout le début se résume à Maise et Evan qui s’envoient en l’air en cachette (ou presque) et/ou Maise qui traîne avec son meilleur pote (le sidesick inutile qui disparaît par une facilité scénaristique dès qu’on en a plus besoin) et/ou Maise qui se plaint de sa vie. Parce que qui ne voudrait pas d’une gamine de 18 piges soi-disant blasée de la vie et qui ne fait qu’alterner plaintes immatures et incessantes avec des questionnements et interrogations existentielles tellement abstraites que tu n’y comprends rien ? C’est vraiment ce qui rend ce livre insipide : l’héroïne.
Une cruche comme Ana de Fifty Shade devient presque appréciable : elle décrit les choses de façon simple, se prend relativement peu la tête et de toute façon, n’a pas de vie en-dehors de Christian Grey.
Ici, Maise vit avec sa mère toxico-prostituée (si j’ai bien compris) et s’en plaint. Jusque-là, d’accord. Mais bon, elle pourrait réagir, appeler les services sociaux puisqu’elle est mineure ou quelque chose du genre… Non, elle passe son temps à insulter et se plaindre de sa génitrice durant les ¾ du bouquin et c’est à trois pages de la fin qu’elle décide de l’inscrire dans une cure de désintox’ (et tu te doutes bien que sa mère va finir par le faire, évidemment ! Facilité scénaristique, mon amour…) Ce serait encore supportable si Maise gardait son caractère de gamine « grandie trop vite », comme elle aime le dire, tout le long du bouquin. Mais elle alterne avec des questions existentielles, des moments de gros (trop gros) doutes sur qui elle est et ce qu’elle veut ; elle va clamer qu’elle est forte, indépendant et qu’elle n’a jamais eu besoin de personne puis trois pages plus loin, va se faire la réflexion que personne avant Evan n’a pris soin d’elle comme ça (le côté princesse en détresse dont ne se lassent pas les auteures du genre, on dirait) et soupire en pensant qu’elle a été trop seule, trop longtemps et blablablabla… On pourrait mettre cette incohérence sur le compte de sa jeunesse (elle a 18 ans, n’a pas de caractère formé et se cherche encore, pourquoi pas ?) mais quand on lit un peu l’environnement dans lequel elle a grandi, on trouve même surprenant qu’elle réussisse à tomber amoureuse aussi facilement. Avec la merde qu’a été sa vie et sa mère jusqu’ici, elle devrait ou finir comme sa génitrice ou au contraire, prôner la sécurité, rejeter tous les mecs en bloc et commencer à bosser pour mettre des sous de côté et se casser très vite loin de sa mère. Oui, parce que question finances (facilité scénaristique toujours), sa grand-mère lui a légué de l’argent, que sa mère a dépensé, qu’elle va regagner en jouant les dealeuses de drogue auprès d’un grand mafieux mais bien sûr, elle va arrêter quand elle a envie et ça n’aura aucune conséquence ! On devrait toutes arrêter nos études et faire comme elle, tiens ! C’est si simple d’amasser 6 000$ de cette façon !
Bref. Vous l’aurez compris : ce bouquin est d’une déception attendue mais navrante du début à la fin. L’intrigue est inexistante quand elle n’est pas banale et bête à pleurer ; les deux protagonistes rompent et se remettent ensemble si rapidement en trois chapitres que tu ne sais plus où tu en es à la fin du bouquin et l’action s’enchaîne si rapidement dans ces trois même derniers chapitres que tu en as presque le tournis. J’ai lu les deux derniers en diagonale, pour ne pas dire que j’ai carrément sauté des pages. Donc en ce qui me concerne, je ne sais pas pour l’amour mais question littérature et intérêt intellectuel, ce livre est définitivement une chute libre.

Roman pour lecteurs avertis.

Par Lise.

Pour qui : Ce roman est adaptée aux adolescentes de 16 ans et plus, friandes d’histoires d’amour passionnées et impossibles.

Les + : Le style d’écriture est léger et simple, permettant une grande facilité de lecture. C’est le livre simple qui se lit rapidement par un week-end pluvieux.

Les – : le manque d’originalité de l’histoire d’amour et l’inévitable triangle amoureux ; l’intrigue cousue de fil blanc et le caractère presque caricatural des autres personnages (la mère, le parrain…)

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