Ainsi Soit-Il, de Christian Eychloma

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Ainsi Soit-Il, de Christian Eychloma (one shot, éditions Chloé des Lys)

Un centre pénitencier sur une planète lointaine. Les hommes y survivent tant bien que mal. Jusqu’au jour où l’idée de s’échapper devient une nécessité. Doivent-ils attendre les bras croisés une hypothétique aide, ou essayer de quitter cette planète hostile par leurs propres moyens ?
Et si les plans qu’ils croyaient si bien échafaudés leur avaient été soufflés par plus fort qu’eux ? Et si leur destinée, à défaut d’être écrite, était commandée par une force supérieure ? Est-ce seulement envisageable ?

Christian Eychloma est un habitué de la SF qui fait réfléchir. Là où certaines histoires se contentent de nous raconter des choses dans un environnement extra-terrestre, l’auteur de Que le Diable nous Emporte montre une nouvelle fois sa capacité à allier action et réflexion au sein d’un même titre.
Ainsi soit-il propose en effet une illustration d’un futur dans lequel l’Humanité prend conscience de sa dépendance à une forme d’intelligence supérieure.
En fait, pour résumer ce titre, je fais un parallèle très proche avec le jeu vidéo « Les Sims« . Je crois que la majorité des lecteurs verront de quoi je parle. Pour résumer le roman je pourrais donc dire : Et si nous étions tous le Sim de quelqu’un ?
A partir de cette simple phrase, l’auteur nous tisse un récit surprenant où les rebondissements s’enchaînent et où on ne s’ennuie pas une seconde. La lecture est intéressante et porte à réflexion sur la condition humaine, sans pour autant reposer (que je sache) sur de réelles données scientifiques. Il s’agit surtout du développement d’une théorie intéressante à laquelle le lecteur est libre d’adhérer ou non mais qui nous oblige à nous regarder du dessus et à prendre conscience de notre petitesse.
L’ouvrage est en cela moins « technique » que ces prédécesseurs et offre à lire des passages plus accessibles à un large public.
Un point toutefois m’a laissé sur ma faim : les nombreuses ellipses temporelles qui parachutent dans un nouvel environnement et un nouveau décor alors que je commençais à m’attacher au cadre spatio-temporel. Le livre passe de période en période sans que l’on ne s’y attarde vraiment (sauf dans la première partie) ce qui est dommage.
Pour le reste, les personnages sont sympathiques et on retrouve même des clins d’oeil à la série Que Le Diable nous Emporte. Les lecteurs qui l’ont lu seront forcément contents de retrouver un petit quelque chose de cette belle histoire.
Avec Ainsi Soit-Il, Christian Eychloma écrit encore une jolie page de l’histoire de la SF francophone. Espérons que sont récit, comme ses personnages, puisse voyager au-delà de nos frontières pour aller encore plus loin.

Pour qui : Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Que le Diable nous Emporte pour lire ce roman, il plaira donc à tous les lecteurs qui aiment s’évader avec des textes de SF intelligents et bien écrits.

Les + : Un texte intelligent, bien écrit, qui fait réfléchir ainsi que rêver.

Les – : Des ellipses un peu trop nombreuses qui ne laissent pas le temps de pleinement s’imprégner de l’univers.

Infos pratiques

Editeur : Chloe des Lys (9 juin 2014)
ISBN-10: 2874597872
ISBN-13: 978-2874597879

11 commentaires

  • J’ai lu avec un grand plaisir « Ainsi soit-il.

    Effectivement nous sommes loin de l’aventure cocasse d’un juge et d’un prix Nobel de Physique dans  » Mon amour de Pompei ».

    Ni scientifique ni intellectuelle, j’ai certainement un point de vue différent dans la manière d’interpréter cette fiction.

    L’écriture est très claire, les paragraphes sont courts mais donnent une foule de renseignements qui vous incitent à faire quelques recherches (mondes parallèles, tunnels, trous noirs, mécanique quantique…) ce qui est enrichissant.

    Le rythme est rapide, précis, intelligent. Vous restez sobre et ne tombez pas dans la surenchère de détails qui nuisent à la lecture de cette histoire.

    vous n’utilisez pas la violence et le sang très à la mode actuellement. J’apprécie grandement.

    Dès le départ nous plongeons dans l’enfer d’Héphaïstos, planète perdue au milieu de nulle part.
    On se croirait revenus au bagne de Cayenne, ou de la Nouvelle Calédonie. Les déportés sont des opposants au régime d’Atlantis, planète dirigée par une fédération au régime militaire.
    Bien que nous soyons dans le futur, homme n’a pas changé, et, est aussi cruel que sur Terre
    en avilissant les déportés.

    Ces déportés déterminés à retrouver leur liberté, s’organisent , retapent un vieux vaisseau spatial et s’enfuient en embarquant Vlad, un teigneux, tueur, rancunier, double jeu, imprévisible.

    Au cours de l’évasion ils vont de découvertes en découvertes. Camp pour femmes battues et affamées, laboratoire où sont élevées des araignées (biomécanique) – J’ai bien aimé ce passage assez surprenant –

    Ces évadés sont poursuivis par un vaisseau de la fédération ( Là j’ai dû remplacer les tunnels par des autoroutes et course poursuite )

    Arrivée sur Atlantis : J’ai adoré ce passage très agréable à lire. Superbe paysage. La Cordillère , l’eau, les oiseaux , la nature luxuriante. Rappel des souvenirs. Tout parait serein.
    Hélas…pour moi il s’agit d’un miroir .

    Les Homoncules : ils aideront les évadés à poursuivre leur périple à une condition qui doit restée secrète. Tout se monnaye pour rester libre…C’est bien vu comme condition.

    Arrivée sur Atlantis, la vraie.
    Tribunal de l’inquisition. Jeu du chat et de la souris. Ce passage est très bien construit.

    Tatania : j’ai bien aimé cette femme intelligente, intuitive, aux rêves prémonitoires, toujours très calme.

    Au final j’ai bien voyagé, tout en me posant nombre de questions sur l’avenir . Le 21 ième siècle est en pleine. mutation entre réel et virtuel. L’information va très vite , ainsi que les sciences. Nos robots sont de plus en plus puissants et prennent le pas sur l’homme.
    C’est la course folle pour être le premier à coloniser la planète Mars ou la Lune, y planter sa première salade…

    Je dis Merci à Marie Christine et son merveilleux site qui m’a permis de vous connaître, et d’ apprécier pleinement vos fictions . Bonne chance et succès à vous et votre épouse qui vous soutient sans défaillir.

    A bientôt pour vous donner mon avis sur « Quand le diable vous emporte »

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    • Bonjour Mathe et merci beaucoup pour votre beau commentaire qui est encore plus détaillé que ma chronique.
      Comme vous j’aime beaucoup les textes de cet auteur et si j’en parle sur mon blog c’est justement pour pouvoir le promouvoir et en discuter. Je suis ravie de pouvoir avoir votre avis sur ce livre que j’ai énormément apprécié, tout comme vous. =)

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  • Bonjour !

    Merci beaucoup, je suis absolument ravi de découvrir des commentaires aussi enthousiastes, croyez bien qu’il s’agit là d’un sacré encouragement pour un auteur !

    « … j’ai certainement un point de vue différent dans la manière d’interpréter cette fiction » : c’est toute la magie du livre, Mathe ! Aucun lecteur ne se construira exactement la même « réalité » qu’un autre à partir du même roman ! Le travail de l’auteur est de fournir le matériau qui alimentera le rêve du lecteur… Je ne résiste pas à la tentation de vous livrer la citation ci-dessous :

    « Un livre a toujours deux auteurs : celui qui l’écrit et celui qui le lit. »

    Je vous souhaite à toutes deux une très agréable journée !

    Christian Eychloma

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  • Bonjour,

    Voilà qui me donne vraiment envie de lire « Ainsi soit-il ». Je demanderai donc à son auteur de m’en mettre un de côté pour le salon de Mazamet… Au plaisir de le rencontrer bientôt. Yves Carchon

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    • Bonsoir,
      Je suis sincèrement très heureuse de vous avoir donné envie de lire ce livre. J’espère que vous ne serez pas déçu !
      En ce qui me concerne j’ai aimé chacun des titres que j’ai pu découvrir de cet auteur, ce sont de vraies pépites.
      Je vous souhaite par avance une belle lecture, n’hésitez pas à revenir me donner votre avis lorsque vous l’aurez terminé🙂

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      • Bonjour,

        Je ne manquerai pas de faire un retour de lecture. Généralement, j’écris un petit billet littéraire après lecture (voir htpp://theatre-yvescarchon)

        Littérairement à vous. YC

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  • Bonsoir,

    Merci à Yves pour son intérêt, au plaisir de le revoir à Mazamet ! Et merci à Limaginaria pour le commentaire sympa, j’apprécie beaucoup !

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  • Ainsi soit-il, de Christian Eychloma

    Dès les premières pages, Christian Eychloma nous entraîne dans une fiction qui pourrait être réalité. Et c’est sans doute sur ce pourrait que repose tout œuvre de science-fiction ou d’anticipation. Genre hélas décrié, considéré souvent comme une littérature pour la jeunesse, la science-fiction a eu pourtant son heure de gloire dans les années 60 en Europe et aux USA et pour toute une génération, la mienne en l’occurrence. 2001, odyssée de l’espace, le fameux film de Kubrick, fut le point d’orgue de cet engouement. Depuis, comme le fut longtemps le roman d’aventures, la science-fiction semble boudée, laissant la place au polar ou roman de terroir. Dommage, car un roman comme Ainsi soit-il vaut le déplacement (interstellaire). L’histoire est claire, tendue, écrite dans un style soutenu, sans descriptions ou portraits superflus et surtout sans ce luxe de détails technico-scientifiques que l’on rencontre trop souvent dans ce genre de roman… En quelques phrases, l’auteur nous embarque sur Héphaïstos, planète qui abrite un bagne d’où personne ne revient. Là croupissent des opposants à un régime ayant régné sur Atlantis, planète-mère tombée entre les mains des militaires. On trouve parmi tous ces bagnards des scientifiques, déportés politiques mêlés à d’autres « droit communs ». Une révolte longuement préparée va les conduire à fuir Héphaïstos à bord d’un vaisseau retapé et, après maintes pérégrinations, les acculer à regagner l’ancienne Fédération où se trouve Atlantis. Mais le temps a passé. Qu’est devenue la planète Atlantis, sachant que le voyage, plus le temps passé au bagne d’Héphaïstos, se compte pour eux en Temps que je qualifierai de sidéral ?… L’hibernation à laquelle ils sont tenus de se soumettre dans leur vaisseau est l’occasion pour notre auteur d’apporter à l’intrigue un beau rebondissement. Arrivés enfin sur Atlantis, ils découvrent… On n’en dévoilera pas plus, sachant qu’un tel roman se découvre pas à pas et se goûte d’autant. Bourré d’idées, de théories sur le Temps et l’Espace inspirées de la théorie du grand Einstein, (je ne suis pas franchement scientifique pour avoir tout réellement compris), ce beau roman à au moins quatre dimensions nous fait toucher du doigt cette aventure qu’est l’existence humaine et pose de grandes questions sur notre devenir. A lire autant pour voyager dans l’espace infini que pour penser à l’évolution de l’espèce.
    Yves Carchon

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    • Bonsoir Mr. Carchon,
      Je suis très heureuse que vous ayez lu Christian Eychloma.
      Votre billet est encore plus précis que le mien.

      Tout comme Limaginaria je vous invite à lire « Les Larmes de Titus » . Un régal.
      Mr. Eychloma mérite d’être connu.

      Lydie

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