Dérives Fantastiques, Collectif

derives fantastiques
Dérives fantastiques
 (collectif, éditions Sombres Rets).

21 auteurs se sot réunis dans cette anthologie afin d’explorer les dérives fantastiques sous toutes leurs formes.

Fissures, de Morgane Dieng : Le train, les heures, la temporalité… autant de thèmes classiques du fantastique abordés ici avec originalité dans un petit texte où les personnages ont presque des allures de Robinson.

Chair à canon, d’Anthony Boulanger : Un texte où les retournements de situations s’enchaînent dans un univers futuriste inquiétant. Le sujet aurait peut-être mérité d’être traité plus en profondeur tant la richesse de l’idée est palpable.

L’ordre des choses, de Dean Venetza : Un texte court mais efficace. Percutant. L’humain n’est plus en haut de la chaîne alimentaire et vit comme un animal d’élevage. Un texte qui met à coup sûr mal à l’aise et fait réfléchir sur la condition animale. Parce que nous sommes aussi des animaux après tout.

Les saveurs, la fabuleuse cuisine de Dante, de Barnett Chevin : Aucun dialogue dans ce texte exclusivement descriptif. Un peu long pour une fin que l’on devine assez rapidement. A noter tout de même la richesse du vocabulaire, qui retranscrit parfaitement saveurs et arômes. L’auteur s’est fait plaisir à écrire le texte et l’on se régale à le lire. On y retrouve des notes de la célèbre oeuvre « Le Parfum », de Patrick Süskind.

Parasites, de Grégory Covin : Un huis-clos prenant en forme de course contre la montre dans l’espace. Plutôt réussi sauf la fin qui m’a laissée sur… ma faim, justement. J’aurais souhaité dans le cadre du recueil un dénouement plus rationnel après le vécu irrationnel des personnages.

Le maître du temps, de Yoann Denuault : Un texte émouvant dans lequel il est à nouveau question du temps (thème classique du fantastique ?). L’univers est intéressant bien qu’il manque de détails pour être tout à fait clair. L’histoire est simple mais le cadre spatio-temporel l’est moins. Dommage.

Les petits poucets, de Virginie Perraud : Un texte intéressant bien que reprenant la figure classique d’Alexis Romanov. Le texte se lit bien et s’apprécie pleinement grâce à sa chute.

La grande boucle de Phillippe Goaz : Un texte comme je les aimes ! Rythmé, épistolaire, original… pour l’heure ma meilleure découverte du recueil. Dommage que le titre gâche l’effet de surprise. Le thème de dérive fantastique est ici parfaitement respecté. Un texte dont je vais me souvenir !

Cousins éloignés, de Loïc Henry : J’ai beaucoup aimé ce texte dont le sujet principal (les hommes de Néendertal) me tient à coeur. Des planètes et des sapiens, tout ce que j’aime. L’histoire aurait cependant mérité d’être plus développée car le duo de personnages principaux et la narration ont du potentiel. J’aurais aimé en lire plus. Après la nouvelle, le roman ?

Un carré de chocolat, de Alexandre Ratel : D’habitude j’aime les histoires de zombies mais j’ai eu du mal à adhérer à celle-ci. Le style trop enfantin et parfois suranné ne m’a pas convaincu. Le texte est trop court pour que l’on puisse se plonger véritablement dans l’histoire et s’attacher aux héroïnes. L’ensemble reste en surface. Dommage.

La naufragée, de Eric Lysoe : Un air du 5ème élément de Besson dans ce texte taillé sur mesure pour le recueil. Une agréable découverte, bien écrite et plaisante à lire.

En scène, de Sylvain Lamur : Un texte qui m’a semblé extrêmement long et attendu et qui manque de fantaisie. Sans doute ma seconde vraie déception après Un carré de chocolat.

La princesse et le pirate, de Yohan Queyla : Un texte court qui remplit son rôle. L’élément perturbateur fantastique arrive comme la chute et fait prendre à ce récit réaliste une teinte surnaturelle. Un texte qui a toute sa place dans le recueil.

Histoires à rebours, de Bruno Grange : Un texte très bien pensé qui sent bon les temps classiques. On y retrouve des protagonistes se racontant des histoires autour d’une table. L’ensemble est bien amené et plutôt bien fait. Je regrette la fin un peu facile. Cependant ce texte long est vraiment convainquant.

Bleu, de Clélie Avit : Un texte court et très poétique, emprunt de magie et d’émotions. C’est beau, touchant, surprenant.

L’âme du serpent, d’Alice Mazuay : Un texte classique. Des sorcières, des femmes, la mort… j’en attendais plus avec un personnage principal aussi original. Je reste un peu sur ma faim.

Nuntium Mortis, de Jérôme Simon : La chute de se texte lui donne tout son sens. Sans cela, on aurait eu un texte mêlant absurde, manque de crédibilité et fin classique. L’auteur s’est donc bien rattrapé. Malgré cela, j’ai eu du mal à entrer complètement dans l’histoire et à m’attacher aux personnages.

Ce qui se passe sous l’Arbre, de Neil Jomunsi : L’un des plus longs textes (si ce n’est le plus long) du recueil. C’est aussi le plus marquant, le plus émouvant. Il nous parle du temps qui passe et des souvenirs, rappellant par là que chacun fait plus ou mois la même chose à sa manière, et c’est ce qui nous distingue des enfants (j’enferme pour ma part mes souvenirs dans des chansons). J’ai beaucoup aimé ce texte. Je crois qu’il est même mon préféré du recueil, parce que sa dimension fantastique est très poétique, presque imaginaire. Tout le monde se reconnaîtra en Richard, un personnage incroyablement humain et vivant. La frontière entre réalité et surnaturelle est ténue, ce qui fait de ce texte le plus fin, le plus travaillé et le plus soigné des 21. Mon coup de coeur du recueil.

Strates, de Marie-Lucie Bougon : Cette nouvelle est une véritable surprise. Tout le long de ma lecture, je pensais « je ne comprends pas ce texte ». On y parle d’une figure maternelle invisible, on se promène dans des lieux que l’on ne comprend pas… et pourtant, quand arrive l’heure de la chute, tout fait sens. C’est une très bonne surprise, la créativité de cette nouvelle est enthousiasmante. Et en plus c’est bien écrit. J’ai adoré l’idée de m’être faite avoir en pensant que ce texte dépassait mon seuil de compréhension alors qu’il est simplement très bien pensé.

L’expédition, de Thepthida Hay : Un texte court dont l’ambiance luxuriante est bien dépeinte. En revanche, l’histoire elle-même laisse un peu sur la faim. J’ai trouvé cela un peu bref, avec un manque d’explications.

Frères d’A(r)mes, de Dola Rosselet : Cette nouvelle se distingue par son cadre spatio-temporel différent des autres textes. Ici nous sommes à Verdun durant la première guerre mondiale. L’histoire est émouvante, racontée avec une richesse de détails particulièrement convaincante. L’auteur alterne récit et lettres pour donner plus de corps à un texte dont la qualité est indéniable. De quoi finir l’ouvrage sur une bonne note.

Comme on peut le voir, il y a de tout dans cette anthologie organisée en deux grandes parties. L’ensemble est agréable à lire, la richesse des environnements et des histoires permettant de ne pas s’ennuyer.
Évidemmentcertains textes sont plus intéressants, plus agréables, plus recherchés que d’autres mais cette impression est forcément subjective.
J’ai été surprise de trouver des textes à l’univers volontairement imaginaire. En effet je m’attendais à trouver pour ces « Dérives » un point de départ ancré dans le réel que nous connaissons ou avons connu dans le passé. Or, de nombreux univers parallèles se mêlent aux ambiances historiques ou actuelles. L’aspect de « dérives », point essentiel du recueil, a ainsi été laissé au second plan quand le fantastique a pris le dessus.
De bonnes surprises, d’agréables moments et quelques déceptions, chacun trouvera dans ce recueil de quoi interpréter sa propre vision des Dérives Fantastiques.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les anthologies, les textes courts et longs, les univers divers et variés.

Les + : Il y en a pour tous les goûts, tous les styles, tous les gens et toutes les qualités.

Les – : Ces « Dérives » sont surtout « fantastiques ».

Infos pratiques
Editeur : 
Sombres Rets (7 janvier 2015)
Collection : QUETES PRESAGES
ISBN-10: 2918265209
ISBN-13: 978-2918265207

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