Rocaille, de Pauline Sidre

Rocaille, de Pauline Sidre (one shot, éditions Sillex)

Le roi Gésill est mort, vive le roi Gésill.
Assassiné puis ramené à la vie, Gésill, descendant des Roi Verts, n’a qu’un but : retrouver son trône et démasquer son assassin.
Aidé par les Funestrelles, ce peuple de brigands pillards et sanguinaires, il partira à la recherche d’un mage capable de lui redonner un peu de la vie qu’il a perdu.
Mais en chemin, il pourrait découvrir bien plus que ce qu’il cherchait au départ. Une quête inattendue qui le mènera jusqu’aux origines de son univers, et remettra en cause toutes ses croyances.

ROMAN COUP DE COEUR

La fantasy est l’un des genres avec lequel j’ai commencé ce blog il y a plus de dix ans (tout cela ne me rajeunit pas). Toutefois, même si la liste des chroniques fantasy n’est pas la moins fournie du blog, au fil du temps, j’en lisais de moins en moins. Certes, je ne suis pas passée par les multiples classiques du genre, hormis Tolkien, mais j’ai tout de même eu entre les mains un certain nombre de titres.
Je me suis lassée bien avant que ce genre ne revienne à la mode.
En effet, cette impression que tout le monde voulait faire du Tolkien après Tolkien, qu’il fallait absolument inventer des langues, des noms de personnages imprononçables, des magiciens surpuissants et toujours cette fameuse quête dévolue à un élu tout droit sorti des cendres, pour le mener sur la plus haute marche du trône, a finit par me lasser.
Or, il m’arrive encore d’en lire de temps en temps, lorsque j’estime que cela fait trop longtemps que je n’ai pas ouvert un titre de ce style.
Et voici qu’on me propose Rocaille, premier roman d’une autrice française dont je n’avais lu jusqu’alors qu’une nouvelle dans l’anthologie Bal Masqué. Nouvelle que j’avais apprécié mais dont je ne me souvenais plus particulièrement.
En revanche, comment oublier cet univers construit avec brio, sans jamais tomber dans aucun des clichés qui m’ont peu à peu éloigné de la fantasy ?
Ce premier roman est une réussite totale. C’est même un vrai coup de coeur, tant je n’ai rien trouvé à lui reprocher.
Premièrement, et c’est un point non négligeable : le titre est un one shot. Au moins on ne s’embarque pas dans une saga interminable dont on n’aura peut-être même pas la fin à cause des aléas éditoriaux des uns et des autres. Non.
En plus, ici, la lecture est facile : oui on nous parle d’un autre monde, avec des peuples différents et même un peu de magie, mais le vocabulaire choisi est simple, visuel, facile à retenir. La galerie de personnages est étendue sans noyer le lecteur. Le personnage principal n’est pas un héros, et ce n’est pas non plus un membre du « petit peuple » destiné à s’asseoir sur un trône. Il est déjà roi.
Une prophétie ? Pas vraiment. Une quête initiatique ? Pas vraiment non plus.
En fait, le plus grand talent de l’autrice est d’avoir su créer un monde totalement inédit et très détaillé sans en faire trop. Il y a de l’action mais aussi beaucoup de descriptions (qui ne sont pas contemplatives pour autant), si bien qu’on est très vite plongé au coeur d’un monde qui a son propre fonctionnement, ses coutumes, ses légendes… Tout est très bien dosé. Cela se lit de manière très fluide, presque légère, et n’a rien de ces pavés indigestes qui ont pu fleurir sur les étagères après le succès de Tolkien. Ici tout est carré, posé, et réfléchi. Le vocabulaire est extrêmement riche mais jamais pédant, toujours moderne. Nous avons affaire à une bataille pour autre chose que de l’or : de la nourriture. L’ensemble est très frais, et je n’ai personnellement jamais rien lu de tel.
Les personnages sont tous très attachants. Je regrette un peu le second rôle de la princesse Sénielle, que j’aurais aimé voir d’avantage, mais j’ai aimé chacun des protagonistes. Ils sont tous utiles, tous différents, et tous travaillés.
L’histoire, en plus d’être inédite, propose plusieurs temporalités qui viennent trouver réponse en fin d’ouvrage, sans jamais perdre le lecteur. J’ai apprécié voir les personnages naître et renaître tour à tour, s’ouvrir à la vie et au monde à la manière d’une fleur en pleine éclosion.
Rocaille cultive sa singularité.
Pour être brève : j’ai adoré. Cela m’a donné envie de relire de la fantasy !
Je dois également mentionner l’objet livre en lui-même : outre sa splendide couverture qui m’a tapé dans l’oeil, le livre en lui-même est d’une beauté qui sort de l’ordinaire. En plus de sa couverture épaisse et cartonnée, l’ouvrage est parsemé de petits détails graphiques appartenant à l’univers du roman. De fait, on est plongé dans l’ambiance dès la prise en main.
Une superbe expérience ! Si je ne me souvenais plus de la nouvelle de l’autrice dans le recueil Bal Masqué, il ne fait aucun doute que je n’oublierai pas ce premier roman.

A vous procurer de toute urgence durant la troisième campagne lancée par Projet Sillex, en ligne jusqu’au 22 février 2020. Ne passez pas à côté.

Pour qui : les lecteurs qui aiment la fantasy qui sort des sentiers battus, ceux qui ne veulent pas s’engager dans des sagas en une infinité de tomes, ceux qui aiment les histoires émouvantes et qu’ils n’oublieront pas.

Les + : Une écriture fluide, un vocabulaire riche, un objet splendide : on plonge dans l’univers dès la prise en main. L’histoire sort de l’ordinaire et est très recherchée, les personnages sont attachants, une découverte

Infos pratiques :
Pages : 490
Langue : Français
A paraître d’ici le 20 mars 2020 sous réserve du succès de la campagne de financement participative disponible jusqu’au 22 février.

 

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