Ethan Blaike La Communauté de Destin de Sandy Marty

Ethan Blaike – La Communauté de Destin, de Sandy Marty (tome 2 de la trilogie Ethan Blaike, éditions Autres Temps)

Ethan poursuit sa route à travers l’Etoile-Monde pour tenter de récupérer la Sphère des mains des mangeurs de mémoire.
Un parcours semé d’embuches et de révélations l’attend.

Après L’Assaut des Saigneurs, ce second tome de la saga est, comme la plupart des trilogies, plus sombre que le premier. Ethan va perdre plus que son innocence dans la bataille. Un grand nombre de ses compagnons vont également perdre la vie pour tenter de sauver celle de l’Elu et de son peuple.
Rivalités, sentiments, déceptions, tristesses et stratégies vont mener les pages de l’histoire et faire parti du quotidien du héro.
Dans ce tome, Sandy Marty a pu affirmer son style et ses personnages, creusant leur personnalité pour leur donner à chacun un passé trouble dont ils devront porter le poids sous peine de perdre la vie. On sent que l’auteur perd au fur et à mesure certaines de ses habitudes (comme le fait de faire une phrase avec un mot simple, qui donnait l’impression dans le premier tome d’un récit saccadé et haché par moments) pour arriver à un style plus travaillé et efficace.
La globalité du scénario ne fait pas dans l’originalité puisque les nombreux lecteurs de romans tels que Le Seigneur des Anneaux feront le parallèle entre cette « Communauté de Destin » et la « Communauté de l’Anneau ». Le livre n’est en fait que le récit du parcours de la communauté, obligée de dévier sans cesse sa route pour découvrir le monde et se découvrir elle-même.
Malheureusement, on notera que, tel un sentier balisé, tout nous est donné dans le récit. A savoir qu’on ne nous laisse pas la possibilité de nous forger notre propre opinion des personnages. L’auteur nous dit comment les ressentir, comment les voir, comment interpréter chacun de leurs faits et gestes à tel point qu’il n’y a aucune place à l’implicite dans le récit. Probablement du fait de sa cible assez jeune. Ce point négatif peut laisser les lecteurs plus âgés sur leur faim, se disant qu’il n’y a finalement plus rien à dire ni à débattre à la fin du roman (et nous savons à quel point les lecteurs aiment parler de leurs points de vues et interprétations des personnages à la fin de leurs lectures). Il aurait peut-être fallu suggérer plus de choses pour donner une cible plus large au lectorat.
De même, il nous semble que les évènements se déroulent à une vitesse trop importante pour que l’on s’attache véritablement aux personnages. Par exemple, Léna est victime d’une plante qui lui fait perdre la mémoire. Cet évènement tragique met en danger la mission et ses relations au sein de la communauté. Cela entraine de grands bouleversements que l’on aurait aimé voir traités… mais à peine a-t-on le temps de s’inquiéter que tout est rentré dans l’ordre, une page plus loin. Certains personnages font le sacrifice ultime pour la communauté sans que cela ne nous touche vraiment puisque tout se déroule en très peu de lignes. Ou encore, grand nombre de personnages parlent de façon énigmatique pour ne pas trop faire avancer les choses, jusqu’au moment où tout nous est révélé sur plusieurs pages. Les informations ainsi données auraient peut-être dues êtres mieux distillées afin de donner le même intérêt à tout l’ouvrage et ainsi ne pas nous donner le sentiment que certains personnages n’étaient pas indispensables.
En fait, on sent l’auteur tellement plongée dans son univers qu’elle vit son histoire au fil des pages, au risque parfois de nous laisser externe à cet univers que l’on aimerai connaître encore davantage.
Néanmoins, malgré ce léger désagrément, on retrouve l’originalité du livre dans son sujet principal : La mémoire. Traité avec une importance capitale et beaucoup d’imagination, on sent que l’auteur connait son sujet et nous le fait partager avec détails. Ce n’est pas qu’un argument commercial pour dire que la série se démarque. Elle nous amène à considérer nos souvenirs comme des trésors, des bagages pour le futur.
Le bestiaire est également bien fourni et on y retrouve des ingrédients propres à l’héroic-fantasy tels que le dragon ou les « Mangeurs de mémoire » qui peuvent être assimilés aux Orcs de Tolkien.
L’imagination de Sandy Marty est très grande et les rebondissements s’enchainent de façon peu prévisibles. Lorsque l’on est dans le livre, difficile de s’en détacher sans connaître le dénouement des péripéties. En plus, l’auteur a découpé son récit en plusieurs parties selon les territoires où se trouve le groupe. Un choix judicieux qui montre la progression et donne envie d’aller toujours plus loin pour découvrir ce qu’il se cache en terre inconnue.
Enfin, saluons le talent toujours intact de Mathieu Coudray qui signe une fois de plus une très jolie couverture très riche en détails et fidèle à l’univers, ainsi que les illustrations du carnet final (qui fait un très bon complément à l’histoire).
Ethan Blaike reste toutefois un très bon moment de lecture. Justement si bon que l’on ne peut qu’être un peu frustré de ne pas en connaître plus sur l’univers et les personnages, à la fois complexes et très vastes. Frustré aussi de ne pas pouvoir s’attacher pleinement aux personnages et de voir les évènements se passer si vite.
Le dernier tome, prévu pour Novembre 2010, promet d’être riche en évènements et en révélations… Nous avons hâte de le découvrir!

Découvrez notre interview de Sandy Marty

Pour qui : Les fans de fantasy pure et classique. Les jeunes adultes. Tous ceux qui aiment les créatures issues des mondes merveilleux.

Les + : Un style plus affirmé et agréable, une imagination riche qui promet de nombreuses péripéties, une galerie de personnages étoffée et des rencontres surprenantes. Le sujet principal de la mémoire est véritablement au coeur du récit ce qui en fait un roman original dans son thème principal. Le découpage des parties provoque l’envie d’aller toujours plus loin pour suivre le groupe en terre inconnue. Enfin, les illustrations collent parfaitement à l’univers et sont un vrai plus à l’ouvrage.

les – : Peu de place à l’interprétation et à l’implicite, les évènements se déroulent trop vite et les situations se résolvent souvent un peu trop facilement. Ces quelques points peuvent engendrer une certaine frustration à la fin du récit.

Infos pratiques :

Broché : 320 pages
Editeur : Editions Autres Temps (1 juin 2010)
Langue : Français
ISBN-10 : 2845213999
ISBN-13 : 978-2845213999

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